Marion, 13 ans pour toujours

Code pénal : Il y a harcèlement scolaire lorsqu'un élève a des propos ou comportements répétés vis-à-vis d'un autre élève ayant pour but ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie.

Un livre-témoignage, un cri de colère, une affaire qui oppose la mère de Marion à son établissement scolaire et au système. Je n'en sais pas assez pour prendre parti dans cette histoire, mais ce que je constate c'est qu'une jeune fille s'est suicidée.

Et que ça aurait pu être moi. Heureusement à l'époque où j'étais à l'école et dans le secondaire, les réseaux sociaux n'existaient pas encore, le téléphone portable était encore exceptionnel chez les ados. Je rentrais chez moi et j'étais en paix. Je garde des séquelles mais je suis en vie. Et dans mon collège-lycée... personne n'a rien fait, personne n'a voulu voir.

Ce livre m'a particulièrement touchée.

 


Et en tant qu'enseignante, je suis confronté chaque jour à des situations où des petits caïds intolérants ou juste méchants s'en prennent à des camarades. Et je ne supporte pas.

Et oui nous ne sommes pas formés, ni initialement ni par la suite, pour gérer et détecter les situations où les chamailleries entre enfants deviennent un véritable harcèlement.

Et non, nous n'avons pas de moyens d'action. Et je me sens tellement démunie, de constater, et de ne rien pouvoir faire d'autre que "faire asseoir" le "vilain" pendant la récréation, qu'être vigilante en surveillance envers les enfants dont je sais qu'ils se font souvent embêter.

Il n'y a pas eu à ma connaissance de faits de harcèlement dans mon école, mais à partir de quand doit-on considérer les choses comme du harcèlement...?

Et mes petits élèves d'ULIS, forcément différents, forcément repérables, intimidables, qui sont moqués, mis à part, ou de qui on vient se jouer en leur demandant de faire des choses interdites, en leur posant des questions déplacées, en parlant d'eux en termes méprisants et cruels, qu'on vient provoquer pour qu'ils fassent des crises au lieu d'essayer de les aider quand on voit qu'ils vont mal...

Ca me fait mal de voir ça. Je souffre pour eux. Je souffre pour l'enfant en moi pour que personne n'est venu aider. Je souffre de vouloir les aider et de ne pas y arriver. Je ne peux qu'arrêter les rares situations que je vois, ponctuellement. Et les mettre à l'abri, ponctuellement. Mais je sais ce que ça fait de devoir retourner dans la cour, et de savoir que ça va recommencer. 15 minutes de récréation, 2 fois par jour, et 2h non-stop de cantine... Et j'ai mal pour eux.

Je déteste cette société où le comportement des enfants reflète celui d'adultes pour qui être populaire est la quintessence de la vie, pour qui être différent signifie être nul, pour qui il est plus important d'être riche, bien vu et envié que d'être profond, authentique et bienveillant.

Les gens ne se sentent pas touchés par la douleur des autres tant qu'ils ne sont pas directement concernés. Les gens minimisent les impacts du harcèlement tant qu'il n'y a pas eu de violences physiques. Ils n'imaginent pas, il ne veulent pas imaginer. 

Liberté, égalité, fraternité... je n'ai pas l'impression que ce soit cette France que nous préparons aux générations futures.

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